Douaumont



Avec un ami, un frère, tous deux porteurs de mémoires difficiles, nous sommes allés sur les lieux d'un des plus grand sacrifice humain, près de Verdun, à la rencontre d'histoires en parties oubliées, en partie seulement, des souvenirs survenus le plus souvent dès l'enfance, traumatismes toujours présents pour ces hommes mûrs que nous sommes devenus, scènes fugaces pour l'un, plus précises pour l'autre, chacun allant au devant de ses propres ombres, et porteurs d'espérances venus du chemin parcouru vers la connaissance que fut la notre, jusqu'à ce jour.


Le fort de Douaumont  près de Verdun vue du dessus. La défense de ce fort en 1916, coûta la vie à 300 000 hommes, 
160 000 ne furent jamais retrouvés.


Sur l'autoroute le brouillard nous accompagnait depuis la nuit vers un jour gris, et alors que la journée commençait à s'avancer et que nous roulions déjà vers l'est toujours dans le brouillard, à l’évocation de nos Maîtres spirituels, le ciel se dégagea subitement pour faire place à un soleil radieux sous un ciel bleu lumineux, mettant en joie nos cœurs déjà légers à ces évocations. Puis les conversations se sont diluées vers d'autres sujets, et le brouillard redevint notre compagnons de route.

Sans reprendre en détail ces heures difficiles où malgré un siècle passé la terre porte encore en elle les marques de la grande guerre, terres labourée, toujours défoncées en buttes et en trous infinis de bombes et cratères, où dorment encore depuis juin 1916 les restes des 160 000 hommes non retrouvés.
Certain lieux était porteurs d'une froideur qui vous saisie à l'intérieur du corps, bien plus encore que le froid de cette fin d'automne.
Des odeurs aussi dans les tranchées, âcres à la gorge, mes poumons oppressés, une respiration difficile...
Au dessus du fort de Douaumont, je laissai s'ouvrir mon cœur en baume de réconciliation et de paix au panorama qui s'offrait devant moi, je sentais ma cage thoracique s'ouvrir, comme un vêtement qui se décolle de chaque coté par le centre de ma poitrine.

Comme un clin d’œil de l'esprit du soleil, un très beau crépuscule s’offrit à nous en d’intenses rayons roses, à travers les arbres de la forêt venue recouvrir les champs de batailles comme une couverture pudique, en saison d'un vert réparateur.

Ces heures passées à redécouvrir ce que nous avions sans doute déjà vécus en d'autres temps, m'ont permis de comprendre ce que j'ai toujours refusé.
Qu'est ce qui à permis d'en arriver à un tel sacrifice humain ?

Cette guerre semblait inévitable, tout à concordé pour qu'elle se fasse par la volonté des gouvernants et la liesse des peuples aveuglés par les propagandes de chaque état.
Le jusqu’au-boutisme des généraux viendra plus tard expliquer les volontés des pouvoirs militaires et industriels, afin de trouver un perdant qui paiera plus tard la colossale facture financière de cette guerre. Cette attitude créera 30 ans plus tard une autre guerre mondiale.

Il y a 2000 ans un être était venu expliquer aux hommes de cette Terre, qui ils sont vraiment, et vers où ils devaient diriger leur vie.
Pour remettre à zéro le compteur de leur errances, pour vider les égrégores de souffrance engrangés depuis des millénaires, il s'est sacrifié sur le mont Golgotha, prenant sur lui toute la misère de ce monde, afin que l'humain puisse repartir vers sa destinée, sur des bases nouvelles et claires.

Au delà de la révolte intérieure que m'évoquait ces lieux outragés, je compris que chaque homme était venus vivre là ce qu'il devait vivre, afin de clore un grand cycle. Certain n'ont que peu soufferts tombant dès le début de leur engagement, d'autres ont subis un long calvaire.

J'imagine que la colline de Douaumont près de Verdun fut en sorte le Golgotha de nos frères de misère, afin qu'en ce début du 20 ème siècle, l'humanité reparte vers une nouvelle ère avec ce slogan « Plus jamais ça ». L'histoire démontrera plus tard que ce ne fut pas suffisant.

Je ne suis pas certain que ce centenaire commémoratif serve la paix dans le monde, mais en ce qui concerne notre escapade à Verdun, « Ver L'Un », ce chemin parcouru sur ces terres torturées, nous aura permis de cicatriser ce qui devait l'être.

Comme j'aimerai que Douaumont devienne un jour... « Doux au mont »... C.R.



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