Sélection du message

Le pardon et les jeux de rôle bourreau/victime

Pardonner, n'est ce pas là le plus beau cadeau que l'on puisse offrir à l'autre et à sois pour avancer dans c...

Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

10 juillet 2013

Les Indignés

Regardez comme ils sont beaux nos enfants,
Purs comme l'eau  source de vie,
Oseront ils porter nos espoirs déchus de 68,
Ils sont les porteurs de la vie du monde,
En leur coeur crie la soif de justice,
Le monstre argent ravage tout avant de rendre l'âme,
Un monde se meurt, le notre,
Qu'ils en soient les sages-femmes et hommes d'une Terre de justice et de paix
CR
INDIGNES-e1315215300843.jpg
I

Un rideau rouge-sang  brodé par la finance
S’abaisse sur l’Humain, trahi et vomissant ;
Guillotin, c’est ainsi, que le tissu immense
Du Théâtre d’Argent s’abat tragiquement
Sur les peuples du monde !

Indigné !

11 janvier 2013

Brouillon de lettre à un jeune amant

Sois le plus doux de tous les amants qui l’ont renversée. 
Ne pense plus à toi quand tu vas plonger dans son regard mi-clos de rescapée.
 Ne te crois pas vainqueur quand tu verras ses yeux passer de la Mer du Nord au myosotis ou du charbon à la braise, du languide au sauvage, du tendre au luxurieux. 
Pense à elle comme à ce violon qui appréhende la brûlure de la pointe aux âmes quand le luthier risque de lui griffer le cœur malgré ses soins. 
Ne lui laisse surtout pas deviner tes tourments d’avant concert et ta solitude d’après. 
Tu prendrais le risque de faner les accords qui fleurissent en son secret.


1 janvier 2012

Poèmes: Rainer Maria Rilkes

Chevaucher, chevaucher, chevaucher, le jour, 
la nuit, le jour.
Chevaucher, chevaucher, chevaucher. 
Et le courage s'est épuisé et la nostalgie si grande. ...
...On a deux yeux de trop. 
C'est seulement la nuit
que parfois on croit connaître le chemin.
Peut-être la nuit on refait toujours ce même bout de chemin que sous un soleil étranger
on a eu tant de mal à gagner? 
Cela se pourrait......
 ...Un voile gris envahi l'horizon de ma joie,  
tache d'encre en lenteur sombre,
engluée aux mailles du tissus immaculé de mes espérances.
 Qui s'évertue ainsi à tracer mon destin ?
Qui ose noyer ma liberté d'être moi ? 
 Est ce toi mon frère ? Sais tu au moins ce que tu fais ?
N'écoutes personne, laisse parler ton coeur, n'ai plus peur,
Seule la mort à ce pouvoir, il sera bien tant d'y songer un jour...
Regardes le soleil, il est là pour toi seul, chaque matin,
s'il ne devait rester qu'un seul être sur cette terre, 
l'astre serait là, pour te donner la vie...
 Alors inconscients faméliques, vous venez nourrir vos appétits nécrophages,
sur l'espérance des braves gens, sur ceux qui ont si peu, 
ceux pour qui donner est un verbe qu'ils chérissent.
Toi le puissant tu attises le pouvoir et tu le retires, tu moralises, tu terrorises, 
tu te nourris des miasmes de nos souffrances ?
La xénophobie est à nos portes, 
la culture des différences est drapée des couleurs du patriotisme,
Nos vieux poilus vont se réveiller, non les gars, le monde n'as pas changé, 
hélas nous n'avons pas su...
 
Réveil toi mon frère, réveilles toi ! 
RILKES (1875-1926) 
 
 Ecoutez ! 
 
 
PIVOT TERZIEFF RECITE RILKE par POLLY44

 
« Pour écrire un seul vers, 

il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes, et de choses, 

il faut connaître les animaux, 

il faut sentir, comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs, en s’ouvrant le matin. 

Il faut pouvoir penser à des chemins, dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, 

à des départs, que l’on voyait longtemps approcher, 

à des jours d’enfance, dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, 

à ces parents, qu’il fallait qu’on froissât, lorsqu’ils vous apportaient une joie, et qu’on ne la comprenait pas. 

C’était une joie faite pour un autre...

à des maladies d’enfance, qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes, et graves transformations, 

à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, 

à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, 

à des nuits de voyage qui frémissaient très haut, et volaient, avec toutes les étoiles,

et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. 

Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, 

de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées, qui se refermaient. 

Il faut encore avoir été auprès de mourants, 
être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte, et les bruits qui venaient, par à-coups. 

Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. 

Il faut savoir les oublier, quand ils sont nombreux, 

il faut avoir la grande patience d’attendre, qu’ils reviennent. 

Car les souvenirs eux-même ne sont pas encore cela. 

Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous, sang, regard, geste, 

lorsqu’ils n’ont plus de nom, et ne se souviennent plus de nous,

ce n’est qu’alors qu’il peut arriver, 
qu’en une heure très rare, 
du milieu d’eux, 

se lève, le premier mot, d’un vers. »......

Extrait des Cahiers de Malte